du côté de Bastamag
A Paris, les Etats s’accordent pour sauver le climat mais ne précisent pas comment y arriver
L’accord sur le climat a été adopté dans la soirée du 12 décembre au Bourget sous un tonnerre d’applaudissements. Un quasi unanimisme entoure le texte jugé « historique ». Pourtant, à y regarder de plus près, l’accord ne précise en rien comment la communauté internationale devra agir pour ne pas dépasser un réchauffement de 2°C. Ni les moyens que les États devront débloquer pour y arriver et s’entraider. Encore moins les sanctions qui frapperaient un pays qui ne réduirait pas ses émissions. Les énergies renouvelables ne semblent pas faire partie des solutions. Au contraire du nucléaire, des techniques de manipulation de l’atmosphère ou de l’accaparement des terres.
Alors que la conférence sur le climat doit s’achever ce samedi, un nouveau brouillon d’accord a été rendu public le 10 décembre. Toute référence aux secteurs de l’aviation et du transport maritime, qui constituent presque 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a disparu. Au même moment, l’Observatoire européen des entreprises révèle un document interne de la Commission européenne dans lequel elle promet d’éviter « toute mention explicite du commerce » dans le futur accord de Paris. En clair, les règles du commerce doivent prévaloir, même au prix de la planète.
Le Front national est peu loquace sur le thème de l’économie sociale et solidaire alors que celle-ci est un enjeu des élections régionales. Le secteur associatif et les coopératives pèsent des dizaines de milliers d’emplois dans les trois régions que le FN pourrait conquérir. Ses élus et candidats sont, en majorité, très hostiles à un secteur que certains d’entre eux considèrent comme un parasite trop « assisté », trop « branché », voire œuvrant pour la « préférence étrangère ». Ils rejettent ces formes démocratiques d’initiatives économiques, pourtant au service de l’intérêt général. Pour lui préférer les entreprises de type capitaliste, avec des actionnaires à rémunérer ?
Et si la lutte contre le réchauffement climatique permettait aussi de créer massivement des emplois et de réduire le chômage. C’est ce que pensent de plus en plus de syndicats européens. Mais pour que la transition ne se fasse pas au détriment des emplois et des conditions de travail, il faut que les travailleurs soient associés aux décisions. En Allemagne, le secteur des énergies renouvelables a généré 370 000 emplois. Au Royaume-Uni, une campagne pour la création massive d’emplois « climato-compatibles » a été lancée. Et en France ? La transition énergétique représenterait un vivier encore inexploité. Si quatre confédérations prennent part à la Coalition climat aux côtés des ONG, le chemin de la transition semble encore long.